Le génial aède de l'Hellade miroité par Racine, les Hittites et Vidal-Naquet, saupoudré d'un peu de porno: lectures de septembre.
1-2. Adelheid Duvanel (1936 à Bâle - 1996 à Bâle), Le musée des lunettes, 1982, et La correspondante, 1995, tous deux éd. Corti 2026, trad. Catherine Fagnot, 115 pages, 16 euros.
La trouvaille du mois. Son édition chez José Corti n'y est pas étrangère. Corti (1895-1984), libraire dès 1925, indépendant comme le seront ses successeurs, il publie Julien Gracq, sa tête d'affiche connue pour avoir refusé le Goncourt, mais aussi Aragon, Lautrémont (à lire: ses Souvenirs désordonnés, 1983, rééd. 10/18 en 2003). Les textes de Duvanel, réunis ici, sont très courts, sur les 115 pages, 22 nouvelles; courts et sans cesse balancés entre rêve et cauchemar. Sans cesse, aussi, entre l'étrange et le familier, troquant leur identité, car rares sont les auteurs qui, comme Duvanel, arrivent à nourrir un récit en rendant étrange le familier. Tout ce qui d'ordinaire paraît normal cesse de l'être. Une prose poétique, si on veut. Pour de petites histoires qui transforment l'anecdote en résumé de la vie de monsieur ou madame Quidam, à tous points de vue normale et en même temps tellement étrange. Exemple, que cet être familier qu'est un arbre: il peut "penser aussi bien avec ses racines qu'avec sa cime". Étrange, étrange. Ou cette histoire d'une fillette de treize ans, placée dans foyer après foyer puis recueillie par un oncle pas drôle du tout et elle de "vouloir voler vers ce trou à l'horizon où le gros bateau avait disparu", puis, en petite chemise de nuit provocante, annoncer à l'horrible oncle "que sa femme le trompe depuis des mois avec un coiffeur", ce qui aura pour effet de susciter chez l'oncle un regard mauvais avec des "yeux comme des fleurs gelées". Évidemment, elle est aussitôt renvoyée vers un énième foyer où elle fera de mauvais rêves hantés par l'oncle et le bruissement de "mille petites bêtes emballées dans de petites boîtes". Le second recueil, La correspondante, son dernier livre publié quatre ans avant sa mort, est de la même veine, et du même calibre: 33 nouvelles sur 124 pages, soit en moyenne 3,75 pages par nouvelle. L'une d'elle, d'un surréalisme envoûtant, peu caractériser l'ensemble: l'histoire se passe dans une maison qui "ne possédait pas de grenier et pas de cave, pas de ciel et pas d'enfer", située dans un coin où "les maisons de l'autre côté de la rue étaient toutes proches", presque envahissantes, pour le moins intrusives. Là vit une madame désargentée avec son fiston remuant mais point sot. Car lorsque maman accueille un parfait inconnu venu de Suède (de la planète Mars eût été tout aussi vraisemblable) et qu'elle annonce au petiot, "qui ne connaissait aucune papa", que... "Papa arrive", eh bien, le gosse ne bronche pas, parce que "habitué à ce que sa mère lui fît des promesses qu'elle ne tenait pas." Au Martien suédois est offert, en guise de gîte, une chaise longue pliable dans le débarras, ceci faisant du visiteur "une rebut au même titre qu'un vieux électropĥone sans plus d'utilité, deux jardinières, des valises et des paniers, de vieilles chaussures" etc. Madame lui confie également un plumeau afin qu'il fasse les poussières, tâche dont il s'acquitte consciencieusement. Une semaine plus tard, cependant, voilà que l'invité surprise décampe en catimini en emportant les quatre tableaux dont madame espérait tirer grand profit quoique jusque-là, invendables aux dires d'un expert qui lui en expliqua la raison: "Les gens n'ont pas d'argent." Madame hurle, naturellement, de rage et de dépit, mais pour soudain s'esclaffer: "Mais tout ça, c'est d'un kitsch! C'est d'un kitsch!" Ce sont les derniers mots de la nouvelle, abrupts, comme presque toutes les chutes de la romancière - des pieds de nez hilares lancés à nos certitudes.
3. Jacques Sadoul (1881-1956), Notes sur la révolution bolchevik (octobre 1917 - janvier 1919), Éditions de la Sirène, 1919, 465 pages, 8 euros (bouquinerie PTB à Manifiesta).
Trouvaille "bis" que ce volume plus que centenaire imprimé en 1919 sur un papier (entre-temps jauni) trop fin pour résister au temps, des fragments s'en détachent comme d'un banquise climato-déréglée, en outre à l'encrage parcimonieux venant épuiser les yeux, et emballé - il n'y a pas d'autre mot - d'une couverture marbrée bleue aux allures de papier de protection de cahier d'écolier, sur laquelle a été collée ce qui paraît être la partie centrale de la couverture originale. Mais trouvaille, par Zeus et Héra, quelle trouvaille! Car ces notes 1917-1919, quasi quotidiennes, prises à Petrograd (Saint-Pétersbourg/Leningrad) en qualité d'observateur à la mission militaire française, donnent à voir les premiers mois de la révolution bolchevik au travers de rencontres régulières avec Trotsky, Lénine, Lounatcharski et... Alexandra Kollontaï! ah! cette flamboyante et belle déesse rouge, ministre (Commissaire du peuple) de la Santé dans le gouvernement révolutionnaire, plus tard ambassadrice de l'URSS à Stockholm, écrivaine féministe, toutes choses qui font regretter de ne pas être né, comme elle, en 1872, puis de la rencontrer pour un amour fou de quoi? quelques jours, semaines? peur importe. D'elle, on dispose de photos, nombreuses, mais toutes en noir et blanc, forcément. Et voilà que Sadoul note, et cela a goût de miel: elle a des yeux bleus. Bleus! On en deviendrait ivre pour moins. Trouvaille! disais-je. Un livre pareil mérite évidement mieux qu'une simple notice et ce sera chose faite, c'est à dire une recension en bonne et due forme. Ce sera pour plus tard. Ajoutons juste, comme renseigne l'excellent dictionnaire du mouvement ouvrier, le Maitron, que Sadoul, en 1917, était socialiste, mais qu'au contact avec le tremblement de terre bolchevik, il deviendra communiste; qu'il sera arrêté en 1941 par la Sûreté nationale et brièvement emprisonné; qu'enfin ses notes ont été rééditées par Maspero en 1971, sans doute aussi difficile à trouver que l'originale de 1919.
Biographie Maitron: https://maitron.fr/sadoul-jacques-numa/
Aperçu de Kollontaï: https://www.monde-diplomatique.fr/mav/150/KOLLONTAI/56873
4. Louis Aragon (1897-1982), Une vague de rêves, 1924, rééd. Seghers 2024, 69 pages, 11 euros.
Document à valeur surtout historique, cette longue "vague de rêves" qu'Aragon signa, quelques mois avant Le manifeste du surréalisme d'André Breton, constituant le premier jalon de cette mouvance - mais n'a plus aujourd'hui de valeur qu'au titre de note de bas de page; valeur historique encore, cette fois significative, car ce qui "frappe" l'entourage littéraire d'Aragon, pour reprendre le verbe utilisé par celui-ci, ce n'est pas, en ses années 1919-1921, la guerre pour abattre le gouvernement ouvrier révolutionnaire de la Russie, menée par la France, l'Angleterre, la Pologne, l'Italie & consorts, non, ce qui les frappe, et ce sont les mots d'Aragon, "c'est un pouvoir qu'ils ne se connaissent pas, (...) une production d'images sans précédent, et le ton surnaturel de leurs écrits." En d'autres mots, frappés de plein fouet, ils sont: par leur nombrilisme. Aragon n'avait certes que vingt-sept ans quand il rédige son "proto-manifeste" plutôt narcissique, et il va trouver à mieux penser son statut social dans les années à venir. Quant au bouquin, avec ses annexes rétrospectives (22 pages contre les 30 du texte principal), cela tient en trois lettres, bof.
5. Pierre Vidal-Naquet (1930-2006), Le monde d'Homère, 2000, éd. poche Tempus/Perrin 2002, 162 pages, 9 euros.
À un moment où l'industrie hollywoodienne s'emploie à rendre Homère photogénique, transformant Ulysse en poupée Ken (le mec de Barbie), l'adage vient bien à l'heure qui pose qu'il y a toujours lieu de préférer l'original à la copie. L'original ou, à tout le moins, ses vrais amis, tel Pierre Vidal-Naquet, illustre historien de la Grèce ancienne en sus d'avoir été un polémiste très engagé (Algérie, Vietnam, Palestine). Le livre en question: un bon compagnon. Richement illustré de reproductions en couleur d'artefacts illustrant le monde homérique, il apporte une foule de renseignements bienvenus. Par exemple sur le terme "barbare", qui n'avait (presque) rien de péjoratif à l'origine, désignant les gens ne parlant pas le grec et "dont la langue fait l'effet d'un bredouillement." Vidal-Naquet ajoutant, ce qui rejoint certains débats actuels, que les Grecs antiques estimaient qu'on "devient grec par l'éducation, (...) non par la naissance." Autre point d'information qui ne manque pas de saveur: évoquant le dieu Éole et ses six filles et six garçons, tous mariés l'une avec l'autre, il précise que "Chez les hommes cela s'appelle l'inceste, mais nous sommes chez les dieux." Chez l'honnête être parlant, voilà qui a sa place dans la bibliothèque.
Le Maitron est bon guide ici aussi: https://maitron.fr/vidal-naquet-pierre-emmanuel/
6. Christophe Ono-Dit-Biot (né en 1975), L'odyssée de L'Odyssée, 2026, Grasset (Bolloré), 366 pages, 23 euros.
Ono-Dit-Biot fait-il également partie des vrais amis de Homère? Ce qu'on peut déjà dire, c'est qu'il n'est pas dans le Maitron. Ni helléniste, mais un garçon, touche-à-tout comme la plupart des journalistes dont il a fait partie du sérail, là-dessus un fana d'Internet publiant là-dessus en 1995 le "récit de ses jours et de ses nuits et «blog» avant l’heure" comme note Wikipedia. Le sous-titre du bouquin, opportunément sorti comme un choco glacé au ciné, énonce ce qui suit: "Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les aventures d'Ulysse sans avoir jamais lu Homère." C'est naturellement prendre lectrices et lecteurs pour des nuls. Est-ce pourtant à jeter? Lorsqu'on lit, à la page 69, "Il faut regarder une carte: poser l'index sur Ithaque (etc.)" et que ce bouquin n'en comporte aucune, de carte (ni d'index), on ne peut que jeter les yeux au ciel de dépit, et ensuite sur le bel hors-série L'Odyssée sur les traces d'Ulysse publié par Le Figaro (162 pages plein de photos à la Paris Match, 14,90 euros), lequel, à la page 54, offre à voir le parcours maritime d'Ulysse, tout en zigzag, de Troie jusqu'à Ithaque avec un détour jusqu'à Calypso près du détroit de Gibraltar... Tout ça pour dire: l'amateur de la féerie homérique y trouvera tout de même son compte.
7. Racine (1639-1699), Andromaque, 1668, éd. Folio 2025, 175 pages, imprimé en Espagne.
On reste avec Homère, et pas qu'un peu, voulant dire par là que le public qui assistait à cette pièce de théâtre, au 17ème siècle, de même que celui qui y assiste, peut-être, soyons naïf, encore aujourd'hui, aura toutes les peines au monde d'en suivre le déroulement s'il n'est familier du monde homérique. Car pour bien suivre, il est interdit d'ignorer qu'Andromaque est la veuve d'Hector, occis à Troie par Achille, absent de la pièce sauf - mais faut savoir - en tant que papa de Pyrrhus, qui tient Andromaque captive et se pâme pour elle, alors qu'il est lui-même aimé (las! à sens unique) par Hermione, qui n'est autre - mais faut savoir - que fifille d'Hélène et de Ménélas, elle même en pure perte convoitée d'un amour ardent (re-las! à sens unique) par Oreste, fiston d'Agamemnon - comme la pièce ne le dit pas... C'est dire. Crayonner sur une page blanche au début du livre un petit tableau de l'arbre généalogique des protagonistes n'est donc pas superflu, ce qui n'évitera pas de relire une deuxième ou troisième fois pour bien piger. Et bien goûter le génie poétique de Racine. Le "Qui pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes?" est de toutes les bonnes anthologies, mais libre à chacune et chacun d'y détecter d'autres perles, tel ce sublime "Je n'ai point du silence affecté le mystère" de Hermione. Je vois très mal tout ça sur l'écran d'un dumbphone.
8. René Dussaud (1868-1958), Prélydiens - Hittites et Achéens, 1958 (ou 1953), Librairie orientale Paul Geuthner, 186 pages, 15 euros (bouquinerie Petits Riens), imprimé en 1953.
Dans le voisinage d'Homère, toujours. Avec cette fois, en vedette, les Hittites, peuple propre à fasciner: sa civilisation a dominé l'Anatolie (Turquie) durant près d'un demi millénaire pour ensuite se voir intégralement rayé de la carte au 12ème siècle avant notre ère, à quasi même époque que le sera Troie. Fascinant, encore, car si on entend quelquefois dire que Israël a le droit d'exister, la réponse matérialiste évidente sera que oui, comme la Belgique ou le Mexique, elle en autant le droit que la nation Hittite, ni plus, ni moins. Fascination, personnelle enfin, dont témoigne dans ma bibliothèque la présence de The Hittites de O.R. Guerney, 1952, dans une édition Penguin de 1976 achetée il y a plus de quarante ans et qu'il me faudrait relire (demain, la semaine prochaine ou l'an prochain). Le livre de Dussaud, sans doute daté (1958!), très érudit, est presque scolastique, il n'est pas une page qui ne loue ou critique un confrère, avec toutes les références nécessaires, auteur et titre de la publication savante, sa date et la ou les pages visées. Avec un sus, non seulement une carte détaillant les routes de commerce de la grande antiquité anatolienne, mais nombre de reproductions de dessins d'objets d'art de cette époque. On en apprend des choses, le fait par exemple que les Lydiens, grande puissance d'Asie Mineure attestée de 1200 jusqu'à 547 (défaite devant Cyrus le Grand) avant notre ère, "pour qui tout était article de commerce", au point que "les jeunes filles avaient coutume, disaient-on, de se constituer une dot en accordant leurs faveurs aux hôtes de passage." Chose qui donne, aux dites antiques routes de commerce, couleurs, odeurs, chair humaine et nuages de poussières. Car l'histoire de ces temps-là, pour le reste, se ramène à celle des rois, leurs incessantes conquêtes sanglantes dont ne subsiste d'humain que ces coupes et vases décorés, mille fois plus séduisantes que la production de masse en plastique contemporaine. Au sujet de Troie, conquise par les Achéens, le coup était, prosaïquement, double: assurer le contrôle du transit de marchandises vers l'Europe, de même que des côtes et îles adjacentes, dont les ressources naturelles n'ont cessé "d'être convoitées par les populations trop à l'étroit sur le sol aride de l'Hellade." Détail, encore, témoignant des pépites englouties dans l'Atlantide de l'histoire ancienne, cet indice d'identification du peuple minoen (également rayé de la carte, par les guerriers Achéens) décrit comme étant "le port de l'étui phallique"... Comme quoi, on en voit de toutes couleurs dans les us vestimentaires du bipède humain.
9. Anaïs Nin (1903-1977), Delta of Venus, 1978, rééd. Penguin Classics 2026, 225 pages, 15,50 euros.
On s'offre une pause porno? l'érotisme du pauvre, comme on dit. De la dame, je n'avais jusqu'ici rien lu, pour partie rebuté par l'épaisseur des volumes. Anaïs Nin, une véritable pisse-copie ainsi qu'on nomme avec quelque jalousie le confrère qui a terminé son article avant tous les autres et ce, en un rien de temps. Le bouquin sous rubrique, cependant, présentement disposé sur les tables aguichantes de librairie, est plus gérable. Quelque deux cents pages contenant, à grignoter à son aise, quinze petites histoires de cul. Assez bien tournée, faut dire. Mais l'intérêt est surtout dans la préface où Ms Nin, en personne, explique que dans les années 1940-1941, elle et Henry Miller, ont produit du porno sur commande pour un riche amateur, ce qui tombait fort bien, étant plutôt dans la dèche. Cette production à usage privé, à l'origine, ne sera rendue public qu'en 1978, édition ensuite relayée par tirages multiples sous enseigne Penguin. Que dit encore cette préface? Qu'en tant que genre, la littérature érotique (pornographie du riche) a essentiellement été produite pas des écrivains bien mâles. Et qu'existe un mystère "de la sensualité des femmes, tellement différentes de celle des hommes, pour laquelle le langage des hommes est inadéquat." Voilà qui vaut d'être médité.
10. Lasse Diding (né en 1953), De grova lögnerna om Jan Myrdal i De hemiga breven, 2024, éd. Strindberg & Co, 240 pages, 157 couronnes (environ 16 euros).
Il y a très peu de chance que ce livre soit traduit qui a pour sujet et titre (en français) "Les mensonges grossiers sur Jan Myrdal dans Les lettres secrètes". Myrdal? Intellectuel et polémiste suédois de la stature d'un Aragon, d'un Chomsky. Et, en cause: le règlement de comptes du fils et de la sœur de Jan Myrdal orchestré par la publication posthume de lettres incriminantes que celui-ci, mort en 2020, a adressé à ses parents, tous deux Prix Nobel (Économie et Paix) et, par là, tous deux en Suède icônes intouchables... jusqu'au moment où le fiston, vilain petit canard, vint à publier ses mémoires d'enfance y dépeignant papa et maman comme d'effroyables méchants cocos. Ce qui fit scandale là-bas. Scandale et, donc, telle une vengeance qui se mange froid, une tardive (2023) charge assassine par sœurette et fiston de Jan Myrdal via lesdites lettres. Ce qui peut nous intéresser dans cette affaire, en ces temps où la "fake news" nourrit le quotidien des éditorialistes, est le gigantesque "fake" que ces lettres ont accrédité pour devenir le missile le plus dévastateur dirigé contre Myrdal: toute la presse suédoise, montre méticuleusement Diding, est tombé dans le panneau, alors que pourtant elle disposait des moyens de découvrir la supercherie. C'est qu'en effet, le don à Myrdal d'une belle villa, présenté comme reçue avec une inexcusable et ô combien révélatrice ingratitude, n'était pas un don, mais un prêt, car Myrdal remboursera intégralement. Comme quoi, la "fake" a de beaux jours devant elle. Qui veut en savoir plus sur ce polémiste exceptionnel, et sur le nœud de vipères dont sa famille a été le théâtre, dispose chez Actes Sud des dites mémoires (Enfance en Suède, 1988, et Un autre monde, 1989, toujours disponible), voire, mieux, et là je me renvoie mon propre ascenseur, les Écrits polémiques, traduits et publiés en 2021 par nos soins aux éditions LitPol (72 pages, 10 euros): pour l'obtenir, voir https://www.erikrydberg.net/litpol