Poussières parcheminées de 2025

Petite mascarade triée sur le volet des poussières d'encre qui ont pailleté les brumes de l'an 2025. Parmi les clowns et saltimbanques, Wittgenstein en chapeau melon, Ms Bennett en peau de chamoix et quelques gouttes d'eau de Cologne, Frederic Jameson revenu pour l'occasion du royaume des morts et Homère, papa de l'Antiquariat Europe et de l'âme épique britannique. De quoi s'éjoyer!

 

 

1. Camile Lemonnier (1844-1913), L'enfant du Crapaud (& 5 autres nouvelles), 1888, éd. L'Arbre vengeur, 2015, 125 pages, 12 euros.

Lorsqu’il m’a recommandé Lemonnier, non encore fréquenté, André Leto, libraire montois féerique sorti droit des labyrinthe du 19ème, a vanté le vocabulaire de l’auteur: "Dès la première page, une poignée de mots m’étaient inconnus." À preuve, ce "chevance", que le Littré atteste chez La Fontaine et signifiant "le bien qu’on a". Mieux, ce joli verbe réflexif "s’éjoyer" - "se livrer à la joie" dont le Littré dit "ce mot a un peu vieilli, mais il est encore bon.", ce donc dans l’édition de 1878: fallait un Lemonnier pour le donner à goûter aux yeux! Le Crapaud du titre n’a du batracien que la poésie crépusculaire car il s’agit d’un coron du Borinage où agonise une grève des gueux, toujours perdants, évocateur des luttes de Germinal avec une même sexualité jusqu’au-boutiste, ce qui vaudra à l’auteur d’être taxé comme un "affligeant pornographe" et, ajoute Frédéric Saenen dans l’introduction, de se voir infliger par la bourgeoise Dame Justice une amende de 1.000 francs pour "atteinte aux bonnes mœurs". Envoûtement garanti. (M'empressant d'en dévorer un deuxième, ma besace a accueilli chez Oxfam, 5 euros, Un mâle, 1881, réédité par Espace Nord, 2012, eh ben, raté, sur cet échantillon réduit à deux, c'est le plus mauvais qu'il ait produit. Une guimauve caricaturale. Abandon définitif à la page 75.)

2. Raymond Debord (né en 1962), Vers un monde sans enfants, 2025, Éditions critiques, 293 pages, 20 euros.

Les animaux humains sont-ils trop nombreux sur le globule terrestre? Sans remonter jusqu'à Malthus, cette thèse a eu son heure de gloire avec la publication en 1968 de La Bombe P. de Paul Ehrlich avec sa vision apocalyptique d'un monde en surpopulation, fatale à sa survie. Retour de balancier avec Debord qui esquisse, lui, un scénario d'effondrement démographique dû essentiellement à la baisse du taux de fécondité, partout manifeste hors Afrique: à l'horizon 2100, indique une étude du Lancet, "plus de 97% des pays du monde auraient une natalité ne permettant pas le renouvellement des générations". Et c'est particulièrement inquiétant en Europe dont la démographie "est dans le rouge, c.-à-d. en déclin absolu depuis 1990. À partir de cette période, depuis plus de trente ans, donc, le solde naturel est négatif, les décès excédant largement les naissances." Voilà qui n'est marginal ni dans les questions touchant aux politiques de migration, ni dans celles corrélant vieillissement de la population et financement de la sécurité sociale. Les petites cellules grises, elles, y trouveront un certain bonheur.

3. Jos Hochuli (né en 1933), Abébécédaire d'un typographe, 2011, éd. B42, 2015, trad. ,Victor Guégan, 55 pages, 22 euros.

Dans les variantes lexicales nous désignant en tant qu'espèce, l'Homme (des Droits universels, © Onu 1948), perçu comme fâcheusement mâle par d'aucune, a fait place à "l'être humain", plutôt discriminatoire au doudou de ma fillette, mais encore, avec quelque sophistication, par "être parlant" - ce qui pourrait faire place à "animal parlant" nous mettant, à bon droit, dans la famille des perroquets si l'expression n'avait pas aussi fonction d'insulte. C'est dire que la parole et, depuis quelque millénaire, l'alphabétisation du mot écrit singularise ce que cet animal singulier a su produire de civilisation - à ne pas confondre avec son succédané "numérisé" dont Le Monde diplomatique (janvier 2026) rappelle dans un éditorial lumineux intitulé Éloge du papier, qu'il tend à n'avoir de lectrices et de lecteurs que des gens qui "décrochent" aussitôt que la longueur d'un texte les obligent à "scroller". Tout cela pour dire que les ouvriers du livre, les typographes, constituent la crème de la culture éclairée, ce dont témoigne le fait que le premier syndicat des travailleurs en Belgique fut, en 1869, le fait de la Fédération typographique. Idem pour ce bijoux de l'art lettré qui, à la lettre A (pour Annotation) de l'abécédaire, signale que les notes de bas de page "ne sauraient être confondues avec «un tout-à-l'égout» textuel qui rendrait possible une élimination rapide et indolore de ce lisier de la connaissance (...) à celui qui est en train d'écrire (et - j'ajouterais - ne sont pas non plus un instrument pour simuler un caractère scientifique où il n'y a que du bricolage laborieux)." Ou cette double page, illustrée avec exquis, sur les caractères en Fraktur (dites également "brisés"), qu'on sait teutons et d'un déchiffrage décourageant, au point que Hitler les a bannies en les qualifiant de juiverie. La typo, ça mène loin. Y compris aux esthétiques éditions B42 - https://editions-b42.com/

4. Claire Louise Bennett (à vue de nez, entre 30 et 40 ans), Big Kiss, Bye-Bye, 2025, éd. Fitzcarraldo, 158 pages, 19,75 euros.

Bennett, c'est un livre tous les cinq ans grosso modo, dont le premier Pond, 2016 (l'Étang, traduit en 2018, éd. de l'Olivier) est un pur joyau. Celui-ci? Également acclamé, il maintient la singularité de cette recluse fuyant le monde immonde en solitaire Irlande: c'est en quelque sorte le carnet de bord d'un "Je" qui s'essaie aux lieux communs de la vie triviale, celle du plus grand nombre mais complètement déshabillée. Le prochain, dans cinq ans, réservera des surprises. On parie?

5. Frederic Jameson (1934-2024), Représenter Le Capital, 2011, éd. Amsterdam, 2017, trad. Nicolas Vieillescazes, 193 pages, 17 euros.

 

Sans doute n’est-il pas inutile d’être quelque peu familier avec Marx et le marxisme pour aborder cet ouvrage, qui en est même temps une sorte d’introduction, mais savante et très exigeante. Pour en goûter tout l’intérêt, voir le développement que Jameson fait autour de "l’armée de réserve" chez Marx, à savoir cette "loi générale" du capitalisme que ce qui lui importe au premier chef de disposer, c’est d’une masse "d’individus qui ne travailleront jamais et en sont même incapables." Raison bien simple à cela: plus il y a de gens exclus du "marché du travail", plus la pression sera forte sur celles et ceux qui ont un travail d’accepter un mauvais salaire, et sa diminution, et de mauvaises conditions de travail – ils et elles n’acceptent pas? Il leur sera aussitôt rétorqué qu’il leur suffit de démissionner, il y a plein d’autres prêts à prendre leur place. Dit autrement, plus est grande l’armée de réserve, plus grande sur la pression sur le prolétariat au travail, et plus grands seront les profits. En Belgique, le gouvernement d’ultra-droite Arizona a bien compris cela. Par la suppression massive d’allocations de chômage, l’armée de réserve, déjà grande, sera par désespoir prêt à accepter n’importe quel boulot, à n’importe quel salaire de misère, rendant la situation du prolétariat au travail encore plus précaire – et les profits encore plus juteux.

6. Nils Andersson (né en 1933), Les guerres annoncées, tome 2 du Capitalisme, c'est la guerre, l'auteur précisant d'une voix crépusculaire, au sujet du tome 3: "Que je n'écrirai pas"), éd. Terrasses, 2024, 206 pages, 12 euros.

Un des livres parmi les plus lucides et instructifs sur le jeu politique que l’impérialisme étatsunien offre à voir sur le théâtre de guerre sanglant en Ukraine. Recension en a été faite pour le trimestriel du Comité de surveillance Otan, une des très rares publications de langue française ne jouant pas à se faire le perroquet de Washington: https://csotan.org/ao/article.php?ao_id=97&art_id=1444

7. Homère (8e siècle avant notre ère), The Iliad, éd. Henry Frowde Oxford University Press, coll. World Classics (Ballantyne), 3e rééd. de 1912, 508 pages.

Les paroles s'envolent, les écrits aussi. La preuve? Le texte de cette conférence sur Shakespeare que George Steiner a donné à l'Université de Glasgow (Écosse) en 1986 s'est envolé pour se voir édité en 1996 dans un recueil qui, à son tour, s'envolera vers sa traduction française, en 1997, dans la collection nrf essais chez Gallimard pour, ensuite, après un atterrissage chez une personne qui n'a pas jugé bon de garder le volume, s'envoler à nouveau vers la bouquinerie des Petits Riens, à date inconnue, mais voisine de 2025, année où il a capté mon regard et, avec un ronronnement affectueux, s'est envolé avec moi pour élire domicile dans ma bibliothèque. Et c'est ainsi que... Que, à la page 212 de l'ouvrage, il est dit (Steiner dit, en 1986) que la traduction de L'Iliade par Alexander Pope, publiées en six volumes entre 1715 et 1720, est, après le Paradis perdu de Milton, "la seule grande épopée anglaise". Sapristi! Venant d'une aussi sûre autorité, il n'existe qu'une seule issue: se procurer la chose. Chose tôt faite par un achat en ligne (*), une superbe édition reliée à dos orné doré et des pages papier bible aussi légères que les fées de l'enfance. Et c'est un bijou. Pope a transposé la scansion homérique par une statuaire et hiératique versification rimée, de toute beauté, dont voici l'entame, bien connue:

Achilles' wrath, to Greece the direful spring /

Of woes unnumbere'd, heavenly goddess, sing!

Ou la caractérisation de Zeus, se disant impénétrable:

But thou, nor they, shall search the thoughts that roll /

Deep in the close recesses of my soul.

(*) Surtout pas Amazon, jamais Amazon! La préférence ne pouvait qu'élire l'indépendante plateforme british des bouquinistes indépendants http://www.biblio.com/

8. Revue Essä, n°24, 2025, 365 pages.

Signalé ici juste pour la joie qu'inspire cette revue de Haute Culture à nulle autre comparable, car c'est suédois et cette langue n'est pas donnée à tout le monde. Mais quel périodique, en nos contrées, irait publier une étude sur une écrivain en livrant, en ses pages centrales, la reproduction intégrale en fac-similé d'un de ses romans de 308 pages, l'étude, par quatre critiques littéraires, occupant quelque 60 pages, le tout sur papier de qualité blanc cassé avec une irréprochable typographie et des pages qui n'ont pas été noyées de colle au colle et s'ouvrant facilement, cela pour quelque 11 euros: quel périodique, je vous le demande! D'un numéro à l'autre, toujours thématiques, il y sera question de génie civil (l'histoire de la construction d'un canal en Suède centrale), de médecine (la création du "pacemaker" suédois), de botanique littéraire (le carnet de notes que l'écrivaine féministe Ellen Key, 1849-1926, a consacré à l'aménagement de son jardin), d'histoire culturelle (un texte de l'Académie sur la "belle culture" de 2006, revisité) - un fil conducteur, comme on le voit: populariser l'histoire culturelle nationale. Cela, aussi, c'est plutôt rare dans les pays latins. Plaisir de l'œil? Voir le site Internet: https://tidskriftenessa.se/pages/om-tidskriften

9. Guillaume Apollinaire (1880-1918), Petites merveilles du quotidien (contenant L'Intransigeant, 1909-1912 et Paris-Journal, 1910-1911), Fata Morgana, 1979, 164 pages, 12 euros (bouquinerie Het Ivoren Aapje).

Fonds de tiroir que ceci. Mais encore: des articles de presse qu’Apollinaire a publié dans L’Intransigeant et Paris-Journal entre 1909 et 1912, donc, de la rédaction de labeur qui, pas plus que la production de ses collègues journalistes, ne méritaient guère une quelconque postérité. Il y a certes parfois un peu de style, sur le mode pince-sans-rire somnolent: "Georges Chevennevière est un jeune homme simple et ne paraissant pas avoir de malice. Il n’est ni trop gros ni trop maigre, mais plutôt un peu replet. Il est musicien et poète." Pas sûr que le Georges en question a adoré en lisant ça. Pas sûr, non plus, qu’aujourd’hui ce nom soit connu de quiconque. C’est un des intérêts du bouquin: y fourmille des noms de célébrités entre-temps parfaitement oubliées. Nous connaîtrons le même sort.

10. George Steiner (1929-2020), Passions impunies, recueil d'essais 1978-1996, éd. Gallimard, coll nrf essais, trad. P.-E. Dauzat & L. Évrard, 325 pages, 5 euros (bouquinerie Petits Riens).

Steiner a - et est - l'âme de l'érudit. Encore faut-il s'entendre. Érudit ne signifie pas juste être très versé dans les sciences de la pensée. C'est bien plus que cela. On pourrait comparer à un tableau, Les Ménines (1656) de Vélasquez, par exemple, dont l'infante Marguerite-Thérèse, fillette de Philippe IV, n'est centrale que par l'opulent éclat de blancheur de sa robe de poupée royale, car ce qui compte, ce que Steiner trace avec sa plume, ce sont, faisant substance, les tableaux dans les ombres du tableau, les reflets de miroir dans les reflets de miroir, ainsi que son propre anonymat personnifié, en des tons sombres tendant à la dissolution des gazes aguicheurs de la feinte pudeur. Avec ça, on a tout dit, et rien dit. Alors ajoutons: un des textes superbes explore la différence entre le nouveau et le vieux monde, les États-Unis et l'Europe, le premier, qui n'excelle en rien, et le second riche d'un héritage deux fois millénaire, mais perdant tout de même car la notion - made in USA - de gagner du fric comme alpha et oméga de toute civilisation, cela l'Europe ne peut que singer, mais avec quel plaisir, avec quel plaisir! Là, c'est fort résumé, pas érudit pour un sou. Comme disait l'autre: il faut ne se fier à personne et aller soi-même aux sources. Ergo: faut lire Steiner.

11. Charles Péguy (1873-1914), L’Argent 1913, éd. Allia, rééd. 2025, 86 pages, 7 euros.

Auteur passéiste tout fait pour un lectorat passéiste. Ceci nous vient de l’époque où, déjà, tout n’était pas fric dans la vie. "De mon temps, tout le monde chantait.", écrit-il. "Dans la plupart des corps de métier, on chantait. Aujourd’hui, on renâcle." Les bullshit jobs sont passés par là. On ne chante pas quand le boulot est imbécile ou stressant ou pénible ou tout à la fois. On ne chante même pas dans les tristes allées des supermarchés conçues pour adouber les roitelets de la consommation. Bon, faut savoir avaler un Péguy qui qualifie Jaurès de "représentant français de la politique impérialiste allemande": on pardonne aux âmes innocentes. On saluera au passage cet éditeur qui publie pour un prix modiques des bijoux du passé (ceci dit pour les seuls passéistes). Et puis, tiens! Péguy dispose d’un "site" (sic), www.charlespeguy.fr – il est joli.

12. Ludwig Wittgenstein (1889-1951), Tankerörelser, 1930-1937 (dans l’allemand original, Denkbewegungen : Tagebücher 1930-1937), éd. Hstrom, coll. Kultura, 2025, trad. (en suédois) Andreas Ekvall, 130 pages, 275 SEK

Il y a assez peu de philosophie dans ces notes consignées par Wittgenstein dans son journal, à Cambridge et dans son chalet d’ermite en Norvège (reproduit en couverture, à flan de montagne, juché haut, pas une âme humaine à la ronde). Sans doute n’aurait-il pas lui-même apprécié qu’on les publient. Il n’y a ici que des choses intimes, celle d’une personne torturée par ce que son entourage pensait de lui, souhaitant d’être aimé, et malheureux en amour (Marguerite Respinger, courtisée sans lendemain), mais encore taraudé par l’idée d'un Dieu et du Salut, avec majuscules… Ce qui n’est pas pour étonner, connaissant la trajectoire extravagante et excentrique de Wittgenstein, consigné à perpétuité dans l’exil intérieur. Ici et là, de jolis traits philosophiles, tels "Le blanc est aussi une sorte de noir." ou "Je suis un peu amoureux de mon genre de mouvement de pensée quand je philosophe. (Et peut-être devrais-je supprimer le mot ‘un peu’.)".

13. Du même, Mythe et langage – Remarques sur le Rameau d’or, années 1930, éd. La Tempête, 2025, trad. Jean Lacoste, 34 pages, 13 euros.

Il s’agit donc ici, encore, de fonds de tiroir: quelques notes critiques, éparses pour ne pas dire erratiques, sur le Rameau (1890) de James Frazer, extraites d’un tapuscrit de quelque 770 pages: cela en fait beaucoup laissées dans l’ombre… Et puis, plus de cent pages de type Remarques sur les Remarques, dues notamment à l’anthropologue David Graeber, bien connu pour ses écrits de critique radicale de nos sociétés du capitalisme sénile. Pour le dire sans détour: voilà qui est en même temps trop (Graeber & Cie) et trop peu (Ludwig W.). Il n’est pas jusqu’au titre qui soit trompeur car non sorti de la plume du philosophe, dont le nom, marketing oblige, barre la couverture en caractère gras. Ce goût de trop peu sera heureusement compensé par une relecture (en cours) du dernier texte de Wittgenstein, De la certitude, rééd. De poche, écrit peu avant sa mort. Là, on y reviendra – si dieu le veut.

14. Jacques Sapir (né en 1954), La fin de l’ordre occidental?, 2024, éd. Perspectives libres, 113 pages, 18 euros et 10 centimes.

Sapir est un économiste spécialiste de la Russie qui n’a pas encore été placé sur une liste noire de l’Union européenne pour ses "activités déstabilisatrices", ce qu’elles sont de toute évidence à l’instar de tous les écrits allant à contre-sens du "narratif" atlantiste sorti de la tour d’ivoire de Bruxelles et, partant, faisant le jeu de Moscou. Au centre de ce court essai coulé dans un style professoral qui fera fuir bien des lecteurs, on trouve les BRICS, l’association phare du "Sud global" excédé par la morgue méprisante des capitales occidentales et visant à y faire contre-poids alternatif, au roi Dollar, notamment. La montée en puissance des BRICS et des pays fondateurs, Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud (en voie d’élargissement : BRICS+) constitue selon Sapir "le fait déterminant de ces dernières années", notamment du fait que le PIB cumulé BRICS+ dépasse depuis 2023 celui de "l’Occident collectif". Ajouter à cela, évidemment, l’établissement d’institutions alternatives et concurrentes à celles qui, depuis 1944, ont joué le rôle de gendarmes de l’Occident, Banque Mondiale, Fonds monétaire international. Sur l’autre trottoir, à l’Est et au Sud, le monde bouge.